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Approche sociologique de transfert de fond des comportements fonds en Algérie PDF Print E-mail

 

Saib Musette

 

La production d’une approche sociologique des comportements de transferts des migrants s’avère une piste féconde, ouvrant ainsi plusieurs voies d’investigation approfondie. Devant la masse d’analyses et d’études produite ces dernières années sur les transferts de fonds (remittances), il est souvent admis, de manière consciente ou inconsciente, que les concepts de la «migrants» et de «transferts» ne souffrent que peu d’ambigüités et auraient ainsi le même contenu dans le monde entier. Cette clarification est importante mais insuffisante. Qui sont les remiseurs ? Qu’est-ce qu’ils transferent ? Pourquoi ? A qui ? Avec quels effets ? Ces questions nous serviront de fils conducteurs à la réalisation de ce projet.

 

Pour entrer en matière (chapitre 1), nous esquissons une tentative de lecture sociologique des transferts des migrants, dans sa double acception matérielle et immatérielle. Jusqu’ici, les transferts sont perçus strictement dans sa valeur monétaire. La face cachée, immatérielle, parce que non mesurable, est une réalité sociale qui demeure dans l’ombre. Puis, nous prenons la précaution élémentaire de lever le voile sur les concepts da base. Cet examen de la migration internationale et des transferts démontre in fine que des ces phénomènes comportent des zones d’ombre, largement admises par tous les analystes. Outre ce « consensus » à la marge, l’étude des composantes indique des divergences profondes dans les contenus. L’établissement des « ratios » entre transferts et les indicateurs macroéconomiques devient suspect. Ces ratios souffrent d’imprécisions fondamentales qui réduisent la portée des conclusions. Il est ainsi établi que les transferts de fonds ne sont pas exclusifs aux migrants. Les non-migrants y contribuent aussi, par exemple les travailleurs frontaliers, catégorie estimée non-pertinente pour les statistiques de la migration internationale. A l’inverse, les étudiants, réputés migrants, sont une catégorie non-pertinente pour les statistiques des transferts, selon le plan comptable onusien. La réalité est toute autre. Sur cette base, un projet d’exploration sociologique peut apporter quelques éclairages sur un cas concret.

 

L’approche macrosociologique (chapitre 2) positionne d’abord le problème au niveau la sous-région du Maghreb Central. Puis nous procédons à la construction, d’abord les phases historiques de l’émigration algérienne. Une analyse socio-historique des tendances des transferts de fonds, révèle des déterminants d’ordre structurels. Naturalisés dans le pays d’accueil, ayant regroupés et restructurées leurs familles ici et là-bas, des migrants s’installent dans les deux pays. La théorie de tarissement des transferts est remise en cause. Leurs enfants migrent vers le pays des parents. Migrants et nonmigrants procèdent aux transferts qui ont repris l’ascenseur ces dernières années. Les migrants algériens entrent comme acteur social sur la scène des transnationaux, reléguant ainsi les jeux et les enjeux politiques et économiques dans une position de décor simplement.

 

L’approche microsociologique (chapitre 3) des comportements des transferts (chapitre 3) tente une saisie empirique des remises sociales et des transferts de fonds des migrants. Le cas algérien offre une opportunité pour un regard sociocritique des comportements des transferts de fonds de l’étranger, dans sa triple dimension – épargne des salariés, compensation des travailleurs et transferts des migrants. A côté de ces transferts « matériels », les transferts immatériels (remises sociales) sont examinés, donnant ainsi au phénomène des « transferts » une certaine unicité. Les deux faces des transferts obéissent quasiment aux mêmes règles tant dans ses formes (entrée/sortie) que dans ses modes de transmission (formel/informel) mais aussi dans ses effets sur le développement, au sens large du terme, du pays d’origine comme du pays d’accueil. Ces transferts ne proviennent pas seulement des migrants « salariés » mais aussi des étudiants et des indépendants comme des employeurs tout comme des non-migrants ! L’examen des transferts immatériels, notamment des migrants de retour, indique une contribution beaucoup plus au pays d’accueil et moins au pays d’origine. L’examen des transferts matériels prend appui sur une double enquête par questionnaire, le premier auprès des familles des migrants et le second auprès des migrants de retour. Contrairement aux idées reçues, la quasi-totalité des migrants algériens effectue des transferts vers le pays d’origine tant sous la forme d’argents que sous la forme des biens. Ces transferts transitent essentiellement par des canaux informels mais ils sont ensuite captés presque totalement par les banques, nationales et étrangères, en Algérie.

 

Certes cet essai sociologique des comportements des transferts n’est qu’une modeste contribution à la compréhension d’un phénomène qui ne s’offre pas aisément à l’analyse. Toutefois, certaines pistes sont ouvertes pour aller encore plus en profondeur, telle l’analyse dynamique des transferts matériels, notamment en sortie (outflows). Puis l’étude de la mesure des remises sociales en entrée comme en sortie (inflows et outflows) reste encore emblématique. Ces deux pistes soulèvent la question principale de l’identité des «remiseurs», résidant tant en Algérie qu’à l’étranger.

 

 

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