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Document n°1 : Réunion du groupe d’initiative : Repenser la diaspora intellectuelle Pour un nouveau rôle des expatriés de la connaissance (les chercheurs en SHS) Introduction : Depuis le début des années 1960, l’exode des compétences dans le monde arabe Hijrat al admigha a été identifié comme une chose contre laquelle les politiques devaient et pouvaient agir et lutter par une prise de décisions volontariste. Jusqu’à la fin des années 1980, ces politiques nationales et internationales ont ainsi focalisé sur des contre-mesures, soit pour empêcher/réguler les flux de compétences, soit pour réduire leurs effets négatifs. Bien que leur conception technique ait été soigneusement étudiée, ces mesures échouèrent à produire des solutions effectives et réalisables . Touchant principalement les nouvelles disciplines dites in demand ou les disciplines des nouvelles technologies, ce phénomène a pris de l’ampleur pour s’étendre aux autres disciplines les moins demandées sur le marché d’emploi international, comme celles des sciences humaines et sociales. Un double constat d’échec, car l’intégration de ces chercheurs en SHS est désormais aussi problématique dans leur pays d’accueil (phénomène de conversion professionnelle) que dans les pays d’origine. Aujourd’hui, il apparaît que ces échecs répétés sont essentiellement imputables à certaines faiblesses des postulats théoriques qui soutenaient ces politiques ou ces orientations notamment dans le domaine de la coopération et de l’administration de la recherche. Elles s’appuyaient, en effet, fondamentalement sur les approches en termes de « capital humain » résultant d’investissements antérieurs , ou de programmes de mobilité institutionnelle. Or concrètement un bon nombre de ces compétences sont aujourd’hui le fruit d’un investissement fait dans/par les pays du nord, notamment par rapport aux compétences nées en dehors des pays d’origine et issues de l’immigration. A cela il faudrait ajouter le facteur relatif à l’environnement de la recherche. Certains travaux ont bien démontré à quel point l’environnement de la recherche dans les pays du Nord, notamment au niveau des libertés académiques et le statut de la recherche et des chercheurs (l’absence de cadre juridique spécifique pour ce genre d’activité en dehors des universités dans les pays arabes) est l’un des facteurs majeurs derrière l’établissement ou le non retour des chercheurs vers leur pays d’origine. (Latrech 2008). D’où l’idée d’une prise en compte de la situation des compétences expatriées en tant qu’entité autonome. L’autre facteur est d’ordre régional et structurel. La restructuration de l’enseignement supérieure ( la réforme de LMD) dans l’ensemble des pays arabes , nécessite de plus en plus une contribution des ces compétences qui maîtrise ou disposés à maîtriser la langue mère ( la langue arabe) a côté du français et de l’anglais. Or l’absence de passerelles communicantes et d’un espace académique commun prive la région et les institutions de recherche locales et régionales de l’apport inestimable de ces compétences. -Le dernier facteur enfin relève du processus de développement de la recherche. Au cours des deux dernières décennies, la sociologie des sciences a apporté une nouvelle compréhension aux processus de création, transmission et application de la connaissance. Ainsi le processus de construction du savoir, notamment dans le domaine des sciences sociales et humaines est devenu un processus de transfert dans les deux directions (des pays d’accueil vers les pays d’origine et vice-versa). Une telle initiative suppose que les compétences et activités de l’individu ne font sens et ne génèrent des résultats qu’en relation avec ces entités humaines contextualisées avec lesquelles elles sont liées. Elle suppose également la focalisation de l’effort sur la notion de l’échange, de transfert conceptuel et théorique, d’interférence positive et de la traduction de la recherche et des résultats de la recherche d’un aire culturel vers un autre , d’une disciplines vers une autre , d’une langue vers une autre. Ainsi échange et comparaison se placent ici au centre de cette initiative. Option de la « diaspora » vs option de « retour » : Si l’option de retour a été réalisée avec succès dans divers pays,(les pays asiatiques notamment) d’autres pays comme les pays arabes les pays d’Afrique subsaharienne et les pays d’Amérique latine ont toujours du mal à trouver le moyen adéquat pour gérer la situation relative aux compétences travaillant ou poursuivant des études de haut niveau à l’étranger. L’échec du revers brain drain semble être difficilement remplacé par d’autres formules alternatives. L’option diaspora est récente et procède d’une stratégie différente. Elle prend pour acquis que la plupart des expatriés ont fort peu de chances de revenir au pays quoiqu’il en soit. Ils se sont, en effet, souvent établis à l’étranger et y ont construit leur vie professionnelle et personnelle. Pourtant, ils peuvent se sentir toujours très concernés par le développement de leur pays d’origine, du fait de liens culturels, familiaux ou autres. L’objectif, par conséquent, est de créer des liens à travers lesquels ils pourraient être connectés effectivement et productivement à son développement, sans retour physique permanent. Un tel type de travail coopératif à distance est maintenant possible comme les cas de projets de recherche internationaux ou les activités quotidiennes de firmes multinationales l’ont clairement démontré. Pourquoi cette initiative ? 41 réseaux d’expatriés de la connaissance ont été identifiés dans le monde à cette date . Ces réseaux d’expatriés de la connaissance sont liés à 33 pays différents,( 4 sont en rapport avec les pays arabes ) . Deux réseaux réfèrent à une région du monde plutôt qu’un pays spécifique: les Scientifiques et Technologues Arabes à l’étranger (ASTA) et l’Association Latino-Américaine de Scientifiques (ALAS). Tous ces réseaux ont débuté récemment, à la fin des années 1980 et surtout pendant les années 1990. Contrairement à l ASTA , les autres réseaux associent souvent, dans le cadre de leurs activités, les disciplines des sciences sociales et humaines. Ceci explique en partie pourquoi les SHS dans le cas des structures diasporiques arabes ont eu très peu de place ou très peu de rôle à jouer. La mise en place d’une structure capable de jouer ce rôle, semble être, aujourd’hui, plus qu’une exigence. Les relations entre des intellectuels expatriés et le pays d’origine ont souvent existé dans le passé. La nouveauté aujourd’hui, c’est que ces liens sporadiques, exceptionnels et limités peuvent maintenant devenir systématiques, denses et multiples. Partenaires : · Middle East Research Competition- (MERC) · Université de Paris Nord ( laboratoire de la linguistique informatisée · Le centre des études économiques et sociales de Tunis (CERES) · Ligue Arabe ( Division de la population). Meyer J-B, Brown M. (1999) “The rise of the intellectual diaspora networks; social identification and cognitive association” International Social Network Conference, Charleston, USA, February 1999 Jean-Baptiste Meyer and Mercy Brown: Les diasporas scientifiques: Nouvelle approche à la « fuite des cerveaux » Discussion Paper Series – No. 41 Management of Social Transformations .MOST. 1999;
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